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Valeo s’implique dans les ITS

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On a surtout retenu de l’équipementier français sa démonstration convaincante de véhicule autonome, avec une VW Golf équipée de son fameux scanner laser (SCALA) lors du Congrès ITS de Bordeaux. Mais, Valeo est également un acteur en pointe sur la connectivité. Il développe des applications pour smartphones et montres connectées, comme le système InBlue qui permet de consulter à distance des données sur le véhicule, et même de le partager.

Ce partenaire de référence dans l’automobile s’implique même de plus en plus dans le domaine des ITS.

Ainsi, en novembre prochain, Valeo lancera avec Geely, un constructeur chinois, son premier boîtier télématique avec fonction « Emergency Call » pour permettre au véhicule de contacter directement les secours en cas d’accident. Dès 2015, tous les véhicules neufs de Russie devront être équipés en série de ce service « ERA-GLONASS ». L’équipementier travaille également sur le projet « eCall » qui est la norme équivalente pour le marché européen et qui sera, lui, obligatoire dès 2018.

Par ailleurs, Valeo coopère en Chine avec l’université de Tsinghua (Pékin) sur les premières expérimentations de la technologie Car2X, qui permet aux véhicules de communiquer entre eux et avec l’infrastructure routière.

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NXP et le projet SCOOP@F avec PSA : deux approches de la voiture connectée avec l’infrastructure

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Il n’y a pas que la voiture autonome au Congrès ITS de Bordeaux. On peut y voir aussi les voitures connectées de prochaine génération. Des voitures qui dialoguent avec les autres véhicules, mais aussi avec l’infrastructure.

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Par exemple, PSA Peugeot Citroën a choisi de mettre en avant le projet SCOOP@F qui va se traduire par 3000 véhicules (1000 de PSA, 1000 de Renault et 1000 autres mis en service par des opérateurs d’infrastructures) reliés par le protocole Wi-Fi G5 à 2000 km d’autoroutes.

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Nous avons roulé sur la rocade de Bordeaux et avons pu mesurer la pertinence des messages reçus, du type chantier mobile ou alerte en cas de présence d’un piéton sur le côté de la route.

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Mais, l’approche va bien au-delà des messages d’urgence. Les opérateurs d’infrastructures sont intéressés pour recevoir aussi des informations envoyées de façon anonymes par les véhicules, comme des essuie-glaces activés ou le déclenchement de l’ESP. Ces données permettent de déterminer si une zone est devenue accidentogène en fonction de la météo et du trafic.

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Le projet français se déroule en coopération avec d’autres initiatives (corridor entre les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Autriche, corridors en Espagne et au Portugal).

Voir les photos de SCOOP.

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Autre démo à voir absolument, celle proposée par NXP.  A bord de Honda, équipées pour recevoir des messages en mode Car2X, on vous propose des cas de figure très concrets.

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Sur l’écran de bord, on peut ainsi simuler la présence de ralentisseurs (perçus et signalés par des véhicules passés auparavant). d’un véhicule en panne, d’un chantier mobile, d’une route glissante, ou encore afficher dans combien de temps le feu va passer au feu rouge.

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On vous explique aussi que si un enfant porte par exemple sur un vêtement ou sur un cartable une étiquette RID (U Code), il devient possible pour un véhicule connecté de le repérer à l’avance et d’éviter ainsi les risques de collision au passage piéton.

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Le fin du fin, c’est la démo de lutte contre le piratage. NXP simule à un moment l’envoi d’une fausse information (présence d’un véhicule d’urgence prioritaire) à partir d’une balise en bord de route, et qui est reconnue comme telle sur l’écran de bord du véhicule.

Voir l’album photo de la démo NXP.

Le Car2X appliqué en série chez Mercedes

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Alors que le salon de Francfort se tient à partir de cette semaine, la marque allemande annonce qu’elle a décidé d’équiper la nouvelle Classe E en série d’une connectivité Car2X qui permet d’échanger des données sur la localisation, la vitesse et la trajectoire. Les clients peuvent ainsi recevoir des alertes sur les bouchons, les accidents et le passage de véhicules prioritaires, pour peu que d’autres véhicules aient une technologie compatible.

Normalisée en Europe selon le protocole G5 (proche du Wi-Fi), la technologie devrait être déployée par d’autres constructeurs.

Mercedes avait déjà commencé à déployer le Car2x en 2013, en tant que solution de rétrofit (équipement que l’on ajoute au véhicule). Au printemps prochain, lors de sa commercialisation, la Classe E sera donc le premier modèle à en disposer.

Au Congrès ITS de Bordeaux, les visiteurs auront un aperçu de cette technologie à travers les démos liées au programme Compass4D et au projet SCOOP@F.

Jean-Hubert Wilbrod (Neavia Technologies) :  « Notre savoir-faire est reconnu dans le dialogue entre la voiture et la route »

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Le blog du Congrès ITS de Bordeaux poursuit ses entretiens, à quelques mois de cet événement phare. Nous avons rencontré le PDG de Neavia Technologies, qui expose et participe également aux démonstrations sur la voiture connectée et autonome.

Le congrès ITS de Bordeaux, qui a lieu en octobre, va-t-il constituer pour vous une vitrine?

Oui, bien sûr. Nous y serons présents, en tant que membre du pôle Mov’éo et du groupement ITS Infra. Ce sera l’occasion de montrer nos produits, qui seront utilisés pour les démos. A Bordeaux, nous travaillons notamment avec l’institut VEDECOM pour une démo de véhicule connecté et autonome. Nous sommes également associés avec le CEREMA (centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) sur le projet Compass4D qui vise à faire dialoguer des feux équipés avec les véhicules pour les alerter du passage au vert ou au rouge.

D’où vient votre expérience des ITS ?

Depuis sa création en 2003, la société a développé des outils pour remonter des  données et des images, avec des capteurs à faible consommation d’énergie. Nous avons profité des projets liés aux ITS (systèmes de transport intelligent) en Bretagne pour travailler avec le département des Côtes d’Armor, où nous avons installé un système de détection de contre-sens, ainsi que des capteurs pour détecter les animaux en bord de route. Ce savoir-faire a permis d’élargir à la détection d’événements routiers, avec des outils intégrant des fonctions de communication radio.

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Et c’est ce qui a vous a permis de collaborer avec le secteur automobile ?

Oui, Neavia a noué des partenariats, avec Renault notamment vers 2010, afin de développer des systèmes coopératifs routiers, afin que les véhicules échangent des infos entre eux et avec l’infrastructure aussi. Ce sont des technologies dérivées du Wi-Fi, adaptées pour la communication avec les véhicules. Nous utilisons des protocoles spéciaux et pas les mêmes bandes de fréquence.

C’était l’époque du projet SCORE@F. Qu’est-ce que cela vous a permis d’apprendre ?

Nous avons en effet participé à ce projet, qui s’est échelonné entre 2010 et 2013 et qui associait plusieurs partenaires, dont PSA Peugeot Citroën, l’IFSTTAR et d’autres encore. Ce travail nous a permis de développer de nouvelles technologies, avec des unités de bord de route. Notre offre a évolué, avec des modules de matériels et des protocoles de Car2X. Dès lors, il était possible de faire dialoguer des voitures, des véhicules de chantier et des unités de bord de route avec les logiciels d’exploitation qui vont avec. L’expérience acquise nous a permis de répondre à des appels d’offres de la suite logique de ce programme, qui est le projet SCOOP@F en France, mais aussi en Allemagne, qui a projet similaire de corridor, associant les Pays-Bas et l’Autriche.

Quelle est votre expérience à l’international ?

Notre savoir-faire est reconnu, car on a fait partie du projet européen Drive C2x, piloté par Daimler. Au sein de ce projet, où figuraient aussi Audi, BMW (qui s’est retiré après) et Volvo, on a utilisé du matériel communicant français. En fait, on est assez peu d’acteurs dans ce domaine, avec quelques concurrents aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche, et les seuls en France. Neavia a une compétence complète dans le matériel et le logiciel. C’est ce qui nous permet d’avoir une offre intégrée et optimisée. Et nous continuons d’investir dans la recherche, où notre bureau de R&D près de Saint-Brieuc embauche des ingénieurs.

Quelle évolution apporte selon vous l’arrivée de la voiture connectée ?

C’est une approche par le service. Aujourd’hui, il y a un grand nombre d’objets qui s’enrichissent par des technos collaboratives. Je pense à toutes les fonctions liées à l’automatisation, l’horizon électronique, la combinaison avec les ADAS. En associant les capteurs du véhicule avec des moyens de détection à moyenne portée, grâce à la fusion de données, on arrive à des solutions pertinentes et intéressantes.

 

SCOOP@F : une vitrine de la voiture connectée à la française

 

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Le ministère de l’Ecologie procède actuellement au lancement du projet SCOOP@F. Il s’agit de la suite logique d’un autre programme dédié à l’expérimentation de ce qu’on appelle le Car2X (communication entre les véhicules et avec l’infrastructure), et qui avait pour nom SCOR@F. Il est bien plus ambitieux, car le budget global est d’environ 20 millions d’euros et va permettre d’équiper 3 000 véhicules sur près de 2 000 km de routes.

Ces véhicules connectés de nouvelle génération seront présentés en avant-première par PSA Peugeot Citroën* en octobre prochain, lors du congrès mondial sur les ITS. Il se trouve que Bordeaux et sa rocade font partie des 5 sites retenus au niveau national, tout comme l’Île-de-France, la Bretagne, l’autoroute A4, ainsi que des routes départementales en Isère.

SCOOP@F est un projet qui associe les constructeurs automobiles PSA et Renault, de nombreux gestionnaires routiers, des universités et des centres de recherche. De nouveaux partenaires devraient rejoindre le projet en 2016, parmi lesquels Orange et des partenaires étrangers pour permettre des tests croisés avec les projets similaires dans d’autres pays européens (par exemple le projet Corridor entre Rotterdam, Francfort et Vienne).

Le projet sera mené en deux vagues.

La première, qui a démarré en 2014 et se poursuit jusqu’en 2017, se concentre sur les services essentiels à la sécurité routière (alerte chantiers, signalisation embarquée, collecte de données), avec des communications basées sur la technologie Wi-Fi G5.

La seconde (sur la période 2016-2018) explorera de nouveaux services (information sur le trafic, information multimodale) et des communications hybrides Wi-Fi G5 / cellulaire.

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Concrètement, les véhicules communiqueront à l’infrastructure et aux autres véhicules équipés des informations sur les obstacles rencontrés, leur position, ou encore leur vitesse. C’est utile pour le conducteur, qui recevra via une tablette installée sur le tableau de bord les différentes alertes.

En retour, les données émises par les voitures et captées par les bornes seront retransmises aux gestionnaires routiers qui pourront s’en servir pour connaître l’état du trafic et intervenir plus efficacement sur les incidents qu’avec des moyens classiques (boucles de comptage, caméras). Ce type de système permet aussi d’améliorer la sécurité des agents intervenant sur les routes. En cas d’intervention ou de chantier, une alerte sera donnée à tous les véhicules équipés pour signaler leur présence.

 

*Avec deux cas de figure concrets sur la rocade de Bordeaux : la présence signalée d’un piéton aux autres usagers alentours et une zone de chantier temporaire. Les démos se feront en coopération avec la DirAtlantique. PSA va déployer 110 véhicules en 2016 dans le cadre de ce projet.